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La Conversation scientifique

Etienne Klein s'entretient avec un autre scientifique, ou avec un philosophe, un artiste, un historien, un géographe, un marcheur, un alpiniste, un écrivain, etc. Chaque samedi de 16h à 17h.


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  • Podcast du samedi 23 mai 2020 : Que deviennent les normes du vrai ? : durée : 00:58:42 - Que deviennent les normes du vrai ? - La ligne de démarcation entre le faux et le vrai ne semble n'avoir jamais été aussi poreuse. Qu'est-ce qui distingue les connaissances des croyances ? Et en quoi consiste l'ignorance ? Éléments de réponse avec le philosophe Mathias Girel, auteur de « Science et territoires de l'ignorance » (Quae) Le doute et la certitude sont engagés dans une altercation séculaire. Ils forment un vieux couple, turbulent mais inséparable : le partage entre ce que l'on sait et ce que l'on croit demeure l'une des grandes affaires des philosophes, et, de Socrate à Wittgenstein en passant par Pyrrhon et Descartes, les critères du vrai n'ont jamais cessé d'être auscultés et discutés. Ce qui est certain, est-ce ce qui a résisté à tous les doutes ? Ou bien est-ce ce dont on ne peut pas imaginer de douter ? La vérité plane-t-elle au-dessus du monde ou est-elle déposée dans les choses et dans les faits ? Peut-on faire confiance à la science pour aller l'y chercher ? * Il semble qu'aujourd'hui, nous imaginons de plus en plus que la ligne de démarcation entre le faux et le vrai pourrait être poreuse. Il y a comme un « amollissement » des notions de vérité et d'objectivité : les théories tenues pour « vraies » ou « fausses » ne le seraient pas en raison de leur adéquation ou inadéquation avec des faits ou des données expérimentales, mais seulement en vertu d'intérêts partisans ou purement sociologiques, de sorte qu'il faudrait gommer l'idée qu'elles pourraient avoir le moindre lien avec la réalité.  Voulant rendre compte de cette situation, le philosophe Bernard Williams a défendu l'idée que notre société se trouve parcourue par deux courants de pensée, à la fois contradictoires et associés, ainsi qu'il l'explique dans son livre Vérité et véracité (Gallimard, 2006). D'une part, il existe un attachement intense à la véracité et à la transparence, un souci de ne pas se laisser tromper. Cette situation conduit à une attitude de défiance généralisée, à une détermination à crever les apparences pour détecter d'éventuelles motivations cachées. Mais, d'autre part, à côté de ce désir de véracité, de ce refus d'être dupe, il existe une défiance tout aussi grande à l'égard de la vérité elle-même : la vérité existe-t-elle, se demande-t-on ? Si oui, peut-elle être autrement que relative, subjective, culturelle, contextuelle ? La chose étonnante est que ces deux attitudes, l'attachement à la véracité et la suspicion à l'égard de la vérité, qui devraient s'exclure mutuellement, se révèlent en pratique parfaitement compatibles. Elles sont même mécaniquement liées, puisque le désir de véracité suffit à enclencher un processus critique qui vient ensuite fragiliser l'assurance qu'il y aurait des vérités sûres.  Dans ce contexte, que deviennent les normes du vrai ? Qu'est-ce qui distingue les connaissances des croyances ? Et en quoi consiste l'ignorance ? Avec Mathias Girel, philosophe, Maître de conférences à l'Ecole Normale Supérieure- Paris Sciences Lettres. Il vient de faire paraître « Science et territoires de l'ignorance » (éd. Quae, 2018). Choix musicaux de Mathias Girel Bernard Lavilliers, Croisières méditerranéennes Johnny Cash, On the 309 (Une rediffusion du 16 juin 2018)
  • Podcast du samedi 16 mai 2020 : De l’interprétation des signes : durée : 00:59:30 - La Conversation scientifique - par : Etienne Klein - Entretien avec le neurologue Lionel Naccache, neurologue et auteur "Le chant du signe" (Odile Jacob, 2017) - réalisation : François Caunac - invités : Lionel Naccache Neurologue, chercheur en neurosciences cognitives à l’ICM (Institut du cerveau et de la moelle épinière) de la Salpêtrière, professeur de médecine à l’Université Paris VI et membre du comité consultatif d’éthique
  • Podcast du samedi 02 mai 2020 : L'expérience de la catastrophe : durée : 00:58:31 - L'expérience de la catastrophe - Avec Yoann Moreau, anthropologue et auteur de "Vivre avec les catastrophes" (PUF, 2017) Le mot « catastrophe » est d'origine cent pourcents grecque. C'est Rabelais qui, en 1564, l'a introduit dans la langue française pour simplement désigner un bouleversement se produisant par renversement - ou par retournement - d'une situation. Mais à la Renaissance, le terme n'allait pas tarder à désigner tout à fait autre chose : la destruction, la calamité, le désastre, le cataclysme. * Les catastrophes semblent humainement absurdes, impossibles même lorsqu'elles sont en train d'avoir lieu, ce qui ne les empêche pas de surgir régulièrement, suscitant chaque fois la stupeur et l'effroi. Elles défigurent la pensée, l'annulent même. Elles produisent une échappée hors des routines de l'esprit humain, créent un écart symboliquement violent avec le monde tel qu'il avait pris l'habitude d'être, écart qui engendre un imaginaire spécifique, seul capable d'appréhender le pire lorsque celui-ci échappe à toute compréhension. Du chaos primordial à l'apocalypse, du Déluge à la fin des temps, de la tour de Babel à l'An mil, innombrables sont en effet les constructions imaginaires qui ramènent à la catastrophe comme à une constante. Une constante autour de laquelle l'humanité aurait cherché à se définir en plaçant son rapport au monde sous le signe de l'accidentel. Mais comment vit-on concrètement avec les catastrophes ? Et comment parvient-on, après elles et à partir d'elles, à refabriquer du sens alors même qu'elles semblent signer la faillite du sens ? Invité : Yoann Moreau, anthropologue, maître-assistant à l'Ecole nationale des Mines-ParisTech (Centre de recherche sur les risques et les crises) et et chercheur associé au Centre Edgar Morin (EHESS/CNRS). Il travaille au Japon pour un programme de recherche sur les modes d'existence en situation extrême. Programmation musicale J.S. Bach: Fantaisie chromatique et Fugue en ré mineur BWV 903 - int: George van Dam Cérémonie du Bobé chez les Pygmées du Nord Congo ( éd. Georges Arrigoni. Ocora ?- 1991) (Une rediffusion du 20 mai 2017)
  • Podcast du samedi 25 avril 2020 : La vie intime des sous-marins nucléaires : durée : 00:59:45 - La Conversation scientifique - par : Etienne Klein - Comment une telle expérience de confinement aussi radicale est-elle possible ? Comment vit-on dans un sous-marin nucléaire lanceur d’engins ? Et en quoi la vie au fond des mers se compare-t-elle à la vie dans l’espace ? Et surtout, par quoi en diffère-t-elle ? - réalisation : Delphine Lemer - invités : Jean-Pierre Haigneré Astronaute; François Dupont Amiral
  • Podcast du mardi 19 août 2014 : Retrouvez tous les épisodes sur l’appli Radio France : Retrouvez tous les épisodes sur l’appli Radio France
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